COMPAGNIE THÉÂTRALE
LA GRAVE ET BURLESQUE ÉQUIPÉE DU CYCLISTE

YVETTE HORNER ET L'ODEUR DU MOUTON

Création 2014 / Tout public à partir de 15 ans / Durée : 1h10

Avec Mohamed Guellati - texte et interprétation
Corinne Bastat - mise en scène
Émilie Jouve - scénographie et costume
Alban Rouge - musique et son
David Mossé - création lumière
Florian Euvrard- régie générale

Un homme d’une cinquantaine d’années est attiré sur le terrain de jeu de son enfance, il ne reste que les décombres d’un immeuble HLM. Il ne tient pas à s’attarder mais une force débordante, le pousse à raconter sa vie tumultueuse faite de mélange et de chocs culturels. Un fourre-tout : couscous, Lagarde et Michard, famille mixte, Pink Floyd, retour au Bled, déménagement au centre-ville, l’école républicaine et laïque.

Il se prend au jeu et raconte. Il veut s’arrêter mais la voix dans son ventre est plus forte. Cependant son frère Habib apparaît et ne semble pas apprécier la description de ce parcours intime, émotionnel, ce questionnement sociologique et personnel. Il nous confie alors des secrets de famille : en réalité Mahmoud s’appellerait Marc et aurait été adopté par sa famille algérienne. Quelle va être la réaction de Mahmoud, en découvrant que son combat pour son intégration dans la société française est inutile puisqu’il est français ?

Ce spectacle est un parcours poétique et drôle sur la vie « mélangée » des enfants d’immigrés, sur les nouveaux français depuis deux générations, mais aussi sur les français tout court. Il se veut un questionnement universel sur nos aptitudes à nous ouvrir les uns aux autres, à nous intégrer les uns aux autres quel que soit notre groupe de départ.

Coproduction : Le Granit, Scène nationale de Belfort et Le Centre Chorégraphique National de La Rochelle
Soutiens : Lilas en Scène (Les Lilas / résidence), Centre Dramatique National Besançon Franche-Comté (résidence de création en partenariat avec le CROUS - Petit Théâtre de la Bouloie), Festival Onze Bouge (Paris 11ème), Festival Villeneuve en Scène (Villeneuve lès Avignon).

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Chauffe, Yvette, chauffe !

M.-J. S.
JEUDI, 23 JUILLET, 2015
L'HUMANITÉ
Plus que quelques jours pour découvrir dans le off Yvette Horner et l’odeur du mouton.

Envoyée spéciale.

 

Sur les décombres de l’ancien HLM, Mahmoud revient sur les pas de son enfance. Il a poussé là, fréquenté l’école du quartier, regardé la télévision le dimanche en famille, dans un rituel immuable… Le père travaille à la Peug’. Le Doubs, direction le bled dans la Peugeot familiale, il connaît le trajet par cœur. Il a 6 ans, l’âge où l’on passe encore sous les tables sans se cogner, ses frères aînés sont fans de Johnny… Tranches de vie, tronche d’arabe, Français – n’en déplaise à tous les crétins –, Mohamed Guellati se présente sans fard et nous raconte un peu de sa vie, beaucoup d’un pays qui a parfois du mal avec tous ses enfants. C’est fin, émouvant, drôle. Ça dit beaucoup de choses, en musique, en paroles et en silences. La scénographie n’est pas qu’une vue de l’esprit. Avec des palettes qui évoquent aussi bien un tas de gravats qu’un vieux ponton sur les bords du Doubs où il venait chasser les papillons. Il y a de la tendresse et des pointes de révolte dans ce très beau monologue qui réhabilite un pan de notre mémoire ouvrière un peu occultée, jusque dans nos rangs. Yvette Horner et l’odeur du mouton, c’est un peu comme dans la chanson de Zebda, « du couscous au magret » et « le tajine au cassoulet ». Ça dit tous les ratés de la République et les contrôles d’identité au faciès. Ça dit ces enfants de France laissés sur les bas-côtés. Guellati n’est jamais dans la rancœur. Il est dans le partage, la joie de monter sur les planches. On regrette d’être allé si tard. Alors, même s’il ne reste que quelques jours, courez découvrir ce spectacle.

 

[AVIGNON OFF] YVETTE HORNER ET L’ODEUR DU MOUTON, DANS LE VENTRE DE MOHAMED GUELLATI

23 juillet 2015 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

Deux bijoux du Off d’Avignon auront eu en commun de porter un titre qui nous promet des stars populaires. A l’instar de Sur la page Wikipedia de Michel Drucker il est écrit que ce dernier est né un douze septembre à Vire d’Anthony Poupard, Yvette Horner et l’odeur du mouton de Mohamed Guellati, mis en scène par Corinne Bastat vient également nous raconter une histoire très personnelle, celle de ceux qui ici ou là se sentent éternellement déracinés.
[Rating=4]

 

Créé au  CDN de Besançon Franche-Comté, ce seul en scène vient à Avignon s’abriter au Chapeau d’Ébène Théâtre, sous les ogives qui furent un jour religieuse. Le spirituel agit comme un cocon ici. Sur le plateau il n’y a pas Yvette Horner mais un mouton, quelques palettes, une chaise d’arbitre. Il est Mahmoud ou Marc, ou peut être Habib allez savoir. Il est aussi le ventre qui se noue, celui qui centralise tout ce qu’on enfouit. Il a cinquante ans au civil mais éternellement six ans. Il travaille bien à l’école et se sent « français », mais le voilà sans cesse englué entre les deux rives de la méditerranée.

Mohamed Guellati touche au sensible dans une langue qui mêle folie et conte. Il entend des voix qui veulent écraser le « moi » qu’il a tant de mal à comprendre. Son histoire est celle de tous ceux qui ont quitté leur bled dans les années soixante répondant à une demande de main d’œuvre au mieux ou sauvant leur peau au pire. Et le voilà pris dans l’interculturel. La force de ce spectacle est de passer par les détails : le Oud de Farid El Atrache vient résonner avec l’accordéon d’Yvette Horner. La parole se fait logorrhéique, symbole de la folie qui empare ceux qui doivent sans cesse prouver leur origine.
Le jeu est ici parfait, empli d’humour, ponctué de chansons des Pink Flyod.

Mohamed Guellati est plusieurs quand il entre en scène mais en ressort seul, adulte ou presque, enfin.

CHAPEAU D’ÉBÈNE THÉÂTRE
+33 (0)4 90 82 21 22
13 rue Velouterie
Avignon